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la croix-rousse

Jusqu'au 24 mars 1852, date du décret impérial annexant ce quartier à la ville de Lyon, la Croix-Rousse s'est toujours défendue d'appartenir à Lyon, et s'est battue pour son indépendance.

Encore de nos jours, ce quartier défend sa particularité de "village", et garde un charme pittoresque auquel on ne peut que s'attacher. Il suffit simplement d'arriver sur le Plateau pour comprendre ce sentiment.

L'histoire de la Croix-Rousse est étroitement liée à celle du domaine de Cuire et des histoires de prieuré de l'Ile Barbe. Jusqu'au XVe siècle leur histoire est jalonnée de différentes procédures et de luttes incessantes de la part des ecclésiastiques pour l'appartenance de ces territoires. Finalement, le duc de Savoie et le duc de Bourbon, Seigneur du Beaujolais, ainsi que de nombreuses paroisses situées sur la rive gauche de la Saône demandèrent la protection du Roi de France qui accepta cette demande en janvier 1455. Mais ces terres ont tout de même gardées une certaine indépendance et formèrent le Franc lyonnais, bout de terrain situé entre la ville de Lyon, la Bresse et les Dombes.

La Croix-Rousse commence à être mentionnées dans certains documents municipaux vers le début du XVIe siècle. Croix-Rousse ainsi appelée en rapport à la couleur des pierres qui la composaient, et qui est encore actuellement visible au bout de la Grande rue de la Croix-Rousse. Des commerces et des auberges s'installèrent autour de cette place et c'est ainsi que se fit la naissance de ce quartier en chemin sur la longue route qui menait de Saint-Sébastien à Cuire.

Au XVIe siècle, le roi Louis XII et le roi François Ier ordonnèrent la construction d'une enceinte fortifiée s'étendant de la Saône au Rhône, séparant la ville de Lyon d'une grande partie des communes du nord, et qui suivait l'actuel boulevard de la Croix-Rousse. Ce mur d'enceinte fut démoli en février 1865 sous l'ordre de l'Empereur Napoléon III.

Outre les différents conflits paroissiaux qui eurent lieu au XVIIe siècle, il y eut aussi des différends entre les Cabaretiers Lyonnais et Croix-Roussiens de part les droits acquis par les Seigneuries du "Franc-Lyonnais", qui n'étaient pas concernées par de nouvelles impositions sur l'entrée du vin dans la ville de Lyon et qui apportaient des préjudices aux aubergistes lyonnais. La Croix-Rousse devenait ainsi un important entrepôt de vin et toutes les maisons de son quartier devenaient de ce fait des "cabarets" qui faisaient se déplacer toute la population lyonnaise.

Les habitants de la Croix-Rousse défendirent quand même les intérêts de la ville de Lyon surtout lors des combats contre la tyrannie des Jacobins et aussi pendant la Révolution ou les habitants et surtout certains des artisants de la Croix-Rousse - les Canuts - subirent de nombreuses pertes suite à de violents combats, des arrestations arbitraires, des exécutions sommaires mais aussi pillage des couvents, démolition des croix qui se trouvaient dans ses artères...
 
 

Les Canuts

L'histoire des Canuts sur la Croix-Rousse commence surtout au XIXe siècle, vers 1810, à la mise en service dans le monde des tisseurs et des soyeux des métiers à tisser de Jacquard. Ces métiers à tisser étaient tellement imposants qu'ils ne pouvaient être utilisés dans les logements trop étroits et trop bas de plafond des quartiers de Saint-Nizier, Saint-Georges et de Saint-Jean. Ce furent donc les ancients couvents de la Croix-Rousse, dont les voûtes étaient très hautes, qui hébergèrent les tisseurs et leurs nouvelles mécaniques. Les immeubles construits par la suite sur la colline de la Croix-Rousse le furent en fonction de la taille de ces métiers.

Le Canut a toujours été un travailleur et un artisan qui défendait son métier et ses droits. De ce fait, on a souvent différencié la colline de la Croix-Rousse de celle de Fourvière en parlant d'une colline qui travaille et se révolte et d'une autre qui prie. D'autre part, c'étaient d'honnêtes travailleurs aux moeurs tranquilles et à l'esprit de famille.

Suite à la Révolution Française, une grande période de changements eut lieu, comme l'application des découvertes de la vapeur et de l'électricité à l'industrie, bouleversant ainsi tous les acquis sociaux et brisant les cadres de l'époque. D'un côté la naissance des usines avec son flot d'ouvriers, les artisans et commerçants et de l'autre une minorité bourgeoise, héritière des biens du Clergé et de la Noblesse, contrôlant l'industrie et faisant dispaître les anciennes corporations qui tenaient lieu de syndicats. De ce fait, les Canuts en vinrent à se révolter contre leurs riches exploitants lyonnais, ce qui entraîna un long conflit entre 1831 et 1834, comparable à celui des Communards de Paris. Ce n'est ensuite qu'à partir de 1890 que les Syndicats furent à nouveau reconnus.

Vue de la montée Georges Kubler par Jean-Chistophe Martinez Actuellement, suite aux progrès mécaniques et à l'évolution de l'industrie, la tradition des Canuts a presque disparue, bien que mondialement connue (restauration des soieries du Château de Versailles, palais des Tsars en Russie,...). Cependant, quelques familles perpétuent leur savoir-faire ancestral et nous proposent lors de la visite de la Maison des Canuts de nous faire partager leur passion et de profiter de certaine de leurs merveilleuses créations.


La Maison des Canuts
La Maison des Canuts est un musée né d'un rassemblement corporatiste qui rassemble d'anciens matériaux et métiers utilisés auparavant par les tisseurs pour le travail de la soie.

Le Gros Cailloux
Un des symboles de l'Esprit Croix-Roussien qui se situe au bout du boulevard de la Croix-Rousse, et qui n'est autre qu'un imposant bloc de pierre découvert dans la moraine glacière des Dombes, et qui fut placé à cet endroit pour l'inauguration de la "ficelle" en 1891.

Les Traboules
Traboule est un mot d'origine latine, trans ambulare aller à travers, seulement utilisé dans la région lyonnaise. On communique donc d'une rue à l'autre en traversant des ensembles d'immeubles par des allées et des cours, trabouler.

Pour en savoir plus sur la Croix-Rousse, quelques livres à consulter :
Chroniques Croix-Roussiennes de Georges Rapin
Récits et contes polulaires de Lyon de Jacques Vallerant